Capsule d’information 01 : Définitions et appellations associées aux Thérapies complémentaires

Capsule d’information 01 : Pour tout savoir sur les thérapies complémentaires. Enregistrée le 20.04.2021. Ci-dessous, le script complet suivi des références.

SCRIPT

Cette capsule d’information a pour but de faire une présentation générale de ce que sont les thérapies complémentaires. Pour cette vidéo, je présente les définitions et les appellations reliées et surtout les incompréhensions qui entourent les termes utilisés.

Définitions

Il n’y a pas de définition officielle, unanime et internationale pour qualifier ces approches.

Toutefois, l’Organisation Mondiale de la Santé, l’OMS a proposé une appellation générique et une définition :

“Traditional and Complementary Medicines”

“Vaste ensemble de pratiques de soins de santé qui n’appartiennent pas à la tradition du pays et ne sont pas intégrées dans le système de santé dominant”

Mais c’est une appellation et une définition à revoir car :

1. L’OMS parle de « Medicine », ce terme peut porter à confusion car dans les thérapies complémentaires, on n’a pas forcément affaire à un médecin mais à des thérapeutes qui n’ont pas forcément de formation initiale dans le domaine de la santé.

2. « Soins de santé » : Certaines approches n’ont pas pour vocation première à soigner. J’y reviendrai en fin de vidéo.

3. « pas intégrées dans le système de santé dominant » : dans certains pays ces pratiques sont bien intégrées dans le système de santé. C’est le cas par exemple en Suisse.

Médecine ou thérapie ?

« médecine douce » ou « thérapie complémentaire » induit en erreur, car des thérapeutes non médecins disent faire de la médecine complémentaire / médecine douce tandis que des médecins peuvent pratiquer des thérapies complémentaires. C’est un terme utilisé un peu à tort et à travers, avec des personnes qui n’ont pas forcément de formation en santé ou médicale.

D’autres termes utilisés :

Complémentaire
En addition à un traitement classique. Toutefois, la médecine classique sait aussi déléguer auprès du réseau des soins (physiothérapeutes, ergothérapeutes, psychologues).
Aussi : dans quelle mesure et quel type de complément elles apportent que ne pourrait fournir le système de santé classique ?

Alternatives
En remplacement aux traitements usuels. Peut être compris dans un sens positif et négatif.
Négatif : refus du traitement usuel : « j’en ai marre de vos médocs, je vais me tourner vers d’autres méthodes.”
Positif : par exemple, dans certaines situation spécifiques, la pratique de la méditation est une bonne alternative aux anti-douleurs.

Traditionnelles
Historiquement liées à une culture donnée mais ne signifie pas être efficace. Exemple : la saignée qui a été pratiquée faute de meilleur traitement mais qui ne donne aucun résultat.

Naturelles
Excluent l’utilisation de produits synthétiques. Par contre la distinction entre ce qui est naturel de ce qui ne l’est pas est difficile à établir. Ce qui est synthétique n’est pas forcément « mauvais » et ce qui est naturel peut comporter des dangers pour la santé. Enfin, les industries pharmaceutiques utilisent aussi des produits naturels, leur travail est de donner un dosage précis pour éviter les sous ou sur dosages.

Douces
Excluent le recours à des techniques invasives mais induisent en erreur sur leur innocuité. Il y a des interactions avec le système de santé et n’avoir recours qu’aux médecines douces sans suivi médical peut amener un retard de diagnostic ou un retard de traitement.

Holistique
Qui tient compte de la globalité de la personne. Toutefois, le corps médical utilise quant à lui l’expression “bio-psycho-sociale”, avec la même volonté de tenir compte de la globalité du patient, mais l’expression est moins sexy.
Par ailleurs, les thérapeutes n’ont pas accès au dossier médical, donc ils ne peuvent revendiquer une approche globale.
Le point positif du terme, avancé par les thérapeutes, c’est la prise en compte de la dimension spirituelle, souvent amenée par le patient. Les professionnels de santé sont peu formés à ce sujet, si bien que les patients ont peu d’écho à leur questionnements spirituels.

Énergétiques
Très à la mode. Supposent le recours à une énergie universelle. Le thérapeute va être comme un « canal » entre cette énergie et le patient. En revanche, aucun consensus sur la nature de cette énergie. C’est une notion très subjective donc possibilités d’échanges avec les autres acteurs de santé très limitées.

Parallèle
Recours à des fondements théoriques différents de la médecine biomédicale. Il y a toutefois des origines communes et le recours à des approches dites « parallèles » induisent des interactions avec le suivi médical.

AUTRES APPELLATIONS CONTEMPORAINES

Médecine Intégrative
Recours “officiel” aux approches à la fois classiques et non conventionnelles : coordination des différents professionnels de santé mais également des professions telles que ingénieur, développeur, financier etc. mais ce n’est pas l’exclusivité de la médecine intégrative : le système médical classique le fait très bien.

Le problème de la médecine intégrative est qu’elle intègre toutes sortes d’approches qui vont simplement bien vendre leur produits. Leur intégration se fait surtout pour des raisons commerciales. Des centres de médecines vont tantôt intégrer telle approche (shiatsu, homéopathie…) mais pas d’autres, non pour des raisons pragmatiques et scientifiques.

Soins de support
Dans le domaine hospitalier principalement (oncologie, douleur chroniques, soins palliatifs). Des approches telles que : soutien psychologique, support nutritionnel, physiothérapie, support social, soutien spirituel…
Comme pour la médecine intégrative, on voit fleurir tantôt telle approche dans tel centre de santé au détriment d’autre. Chaque centre fait sa cuisine personnelle, principalement pour des raisons commerciales.

Intervention non-médicamenteuses (INM)
Et le travail du Prof. Gregory Ninot et la plateforme ’iCEPS de l’Université de Montpellier
Définition :
« Interventions non invasives et non pharmacologiques sur la santé humaine fondées sur la science. Elles visent à prévenir, soigner ou guérir un problème de santé. Elles se matérialisent sous la forme d’un produit, d’une méthode, d’un programme ou d’un service dont le contenu doit être connu de l’usager. Elles sont reliées à des mécanismes biologiques et/ou des processus psychologiques identifiés et ont un impact observable sur des indicateurs de santé, de qualité de vie, comportementaux et socioéconomiques. »

Ce sont d’autres indicateurs de santé qui sont évalués, en marge de l’efficacité au sens stricte : la qualité de vie, importante pour le patient.

Sont inclus également les nouvelles technologies de l’information et de la communication telles que les jeux vidéo et la réalité virtuelle, les objets connectés.

Dans le cadre de Psybay, l’appellation « Intervention Non-Médicamenteuse » n’est pas retenue car elle fait appel à des méthodes qui font consensus telles que la psychothérapie ou l’activité sportive, de même que la réalité virtuelle, les objets connectés etc.

Je retiens l’appellation « Pratiques Non Conventionnelles ». Pourquoi cette expression ?

Cette appellation provient du Ministère de la Santé en France. Elle se décline de différentes façons : Pratiques de Soins Non Conventionnelles (PSNC) ou encore Pratiques Non Conventionnelles à Visée Thérapeutiques ( PNCVT)

Les notions de « Soins » et « Visée Thérapeutiques » sont retirées afin d’englober également des approches qui n’ont pas pour vocation première à soigner : est-on dans la prévention ? Le bien-être ? Le coaching ? Le développement personnel ?
Ou est la limite ?

CONCLUSION

Voir ces approches comme un continuum et non comme une opposition :

Toutes ces informations, et bien d’autres, se retrouvent plus détaillées dans les webinaires disponibles sur la plateforme Psybay, reconnus comme formation continue par les principales professions de santé en Suisse. Ils sont enregistrés, disponibles en tout temps. Vous pouvez vous inscrire en tout temps et les suivre à votre rythme. Voir les webinaires

RÉFÉRENCES :

Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Descriptif : Page consacrée à la Médecine traditionnelle : Informations générales d’où est tirée la définition reprise dans le webinaire, Reportages, Thèmes associés, Stratégie de l’OMS, Résolutions et Publications.


Centre de Médecine Intégrative et Complémentaire (CEMIC), CHUV, 2019
Descriptif : Une définition de ce qu’est la médecine intégrative


Friedlaender, A., Blaser, S., Luthy, C. & Publiesi Rinaldi A. (2017) Soins de support en oncologie : un vrai changement pour le patient ? Rev Med Suisse; volume 13. 1049-1051.
Descriptif : Article d’où est tiré la définition des Soins de support.


Blog en Santé
Descriptif : Site Internet de Gregory Ninot, donnant de nombreuses informations à propos des Interventions Non Médicamenteuses (INM).